La banque au service des pauvres

TitreLa microfinance a-t-elle encore sa place lorsque l'offre publique de crédit s'étend ?
AuteurCreusot A.-C.; Thanh Q.T.T.
Langue du contenuFrench (fr)
Type de documentReport
Date de publication2003
DescriptionLa microfinance a souvent été vue comme une alternative, pour les zones n’ayant pas d’accès au crédit bancaire classique. À travers des petits prêts, et des mécanismes de caution solidaire, elle permet à une large partie de la population d’accéder à du crédit, productif ou de trésorerie.

La contrepartie est que les produits ne répondent pas – ou en tout cas dans un premier temps – à l’ensemble de « la demande », en particulier celle des paysans moyens ou aux besoins d’équipement, et que du fait du faible montant des crédits, le coût du crédit est relativement élevé.

Reste-t-il de la place pour la microfinance lorsque l’offre bancaire s’étend ? Au cours des années quatre-vingt-dix, le Vietnam s’est engagé dans une politique volontariste d’extension du crédit bancaire en milieu rural, à travers la Banque agricole mais aussi la Banque des Pauvres, qui s’adresse à une clientèle plus modeste, avec des taux bonifiés. Au Nord Vietnam, le « taux de pénétration » de ces banques a été spectaculaire. Aujourd’hui, plus de 50 % des ménages ruraux ont accès à l’une ou l’autre de ces institutions.

Pourtant la politique d’encadrement des taux d’intérêt décidée par l’État a conduit progressivement la Banque agricole à abandonner les petits crédits pour se concentrer sur une clientèle moyenne et riche. De son côté, la Banque des Pauvres, largement subventionnée et qui bénéficie du réseau de distribution de la Banque agricole, agit davantage comme un programme d’action sociale distribuant des prêts à taux « cadeau » que comme une véritable banque visant la pérennité. À ces niveaux, il est difficile d’imaginer équilibrer des systèmes de microfinance.

En 1996, le Gret a donc choisi de stopper un projet de création de cent caisses de microcrédit, (dont la méthodologie n’était par ailleurs pas totalement éprouvée), ne conservant qu’un petit projet de dix caisses autonomes. Ces caisses, dotées d’un capital prêté par la Banque des Pauvres, sont gérées à l’échelle locale par l’Association des femmes, une des organisations de masse encadrant la population.

Cinq années après, l’association des femmes a montré sa capacité à gérer ces caisses en maintenant en grande partie le ciblage initial sur les femmes des familles pauvres, et à offrir un accès au crédit à un public peu touché par la Banque des Pauvres. Parallèlement, la Banque des Pauvres se voit contrainte, par une réforme du système bancaire, de trouver ses propres réseaux de distribution des prêts dans un contexte de ressources limitées. Pour relever ce défi, la Banque des Pauvres est intéressée à financer des caisses autonomes et demande au Gret d’étendre l’expérience.

À partir d’un bilan de ces « dix caisses », ce texte montre ainsi qu’il existe dans la durée une complémentarité fonctionnelle possible entre système bancaire et microfinance, via le refinancement de caisses autogérées.

EditeurGret
Nombre de pages47 p.
EditionCoopérer aujourd'hui
ID de collection200309
Mots-clés MICROFINANCE,  INSTITUTIONAL DEVELOPMENT,  BANK
Téléchargement